L’héritage de Ferenc Farkas
pour les harpistes


Erzsébet Gaál
"Farkas nous a légué son dévouement à l’excellence dans le travail, sa foi dans l’identité nationale, le respect, l’aide et l’appréciation des uns et des autres. Il serait de notre intérêt d’adopter l’exemple de Farkas quand nous enseignons, jouons ou composons."


La contribution du compositeur Ferenc Farkas (1905-2000) est bien connue par des générations de harpistes. Les harpistes ont depuis joui d’une richesse de compositions écrites par Farkas pendant sa longue vie. Son œuvre inclut des pièces rédigées pour la harpe solo, pour des ensembles de chambre à la harpe, pour la voix à la harpe, aussi bien que le concertino à la harpe. En plus, ses œuvres d’orchestre contiennent beaucoup de parties pour la harpe. Ces morceaux de musique varient de part leur médium et leurs genres, leurs styles et leur contenu. Néanmoins, ce qu’il y a de commun à tous ces morceaux, c’est le bien qu’ils rendent à tous ceux qui les jouent.
 
Farkas maîtrisait très bien la harpe et ses capacités. Ce savoir se refléta par exemple dans ses manuscrits. D’une part, aucun changement presque n’était fait dans ses manuscrits. D’autre part, Farkas était toujours ouvert à des suggestions de harpistes et faisait les changements nécessaires. Par exemples, la plus grande révision qu’il fit était sur son Concertino for Harp and Orchestra, initialement écrit en 1937. Il en fit la révision au début des années 1950 suivant le conseil que lui avait donné Miklós Rékai, un ancien professeur de l’académie de musique de Franz Liszt à Budapest, en Hongrie. Cette composition fût retouchée pour la harpe et le string orchestra en 1994. Pour approfondir ma description des manuscrits de Farkas, notons qu’elles étaient écrites d’une façon impeccable et coupées avec précision par des pédales que les harpistes pouvaient facilement lire, et compter sur leurs coupures. Quant à l’esthétique de son manuscrit, il était consistent, ordonné, correct, exact et propre. Un autre ancien professeur de harpe de l’Académie de Musique, Hédy Lubik, fit la performance de plusieurs de ses compositions parmi lesquelles le Concertino puis prit part à la première retouche de sa composition ; il nota que c’était toujours facile de faire un enregistrement par exemple de sa musique de film parce que le sens du rythme de la musique était parfaitement en accord avec la scène du film.
 
Pour montrer l’intérêt que Farkas accordait à sa propre composition pour la harpe, voici une remarque d’une de ses lettres datant du 26 Septembre 1991, adressée à l’auteur de cet article : « Je vais composer un petit morceau de musique pour la harpe solo. Mais, de nos jours, il m’est difficile de composer aussi facilement parce que mes compostions les plus récentes sont assez chromatiques et il s’avère important de prêter attention a la nature diatomique de la harpe.» Farkas n’a pas seulement prêté attention à l’instrument et sa composition diatomique mais à l’artiste de sa musique également. Il passa avec plaisir son temps à travailler avec les harpistes qui jouaient sa musique, et à plusieurs reprises avec l’auteur de cet article. C’était une expérience mémorable pour tout artiste de travailler avec Farkas et de remarquer le degré d’importance qu’il accordait à chaque morceau de musique qu’il avait composé. Au cours de la préparation pour une performance, il était attentif aux détails de l’interprétation, gentil, et infiniment ouvert pour orienter l’artiste dans sa quête du sens de la musique, ou aider dans la reformulation du syntagme musical du morceau. Après une performance, Farkas a toujours reconnu et apprécié l’effort consenti par tout artiste pour donner la meilleure interprétation possible de sa composition, par l’offre d’un jolie bouquet de fleurs et une note de remerciement à l’artiste juste après le récital.

De plus, Farkas recommandait vivement aux harpistes d’adopter certaines de ses compositions pour le répertoire de la harpe bien que celles-ci n’étaient pas spécialement composées pour la harpe. Ce conseil a porte des fruits merveilleux dans plusieurs cas, surtout que lui-même a inter changé les instruments de ses propres compositions par exemple, l’utilisation de la harpe au lieu du piano pour accompagner des chants. Il y a aussi plusieurs exemples parmi ses morceaux de musique de chambre où Farkas, en qualité de maître d’orchestre donna des options concernant les instruments par exemple pour des parties qu’on pouvait jouer avec soit de la flûte ou du violon. Ainsi, il multiplia les possibilités pour les ensembles y compris la harpe, ce qui ajouta au nombre de compostions initialement destinées spécifiquement à la harpe. Alors, il est difficile de déterminer le nombre de ses compositions qu’on peut jouer à la harpe à part celles qu’il avait indiquées.
 
Quoique le contenu des compositions de Farkas soit issu de la culture hongroise et que sa musique tire beaucoup de la musique populaire authentique hongroise, par exemple ses propres mélodies ressemblent toujours aux mélodies originales hongroises, elles sont accessibles non seulement aux instrumentalistes hongrois mais aussi aux artistes internationaux parce que Farkas était un compositeur cosmopolite. Son éducation était enracinée dans les traditions hongroises mais il a l’a étendu jusqu’en Italie et a voyage à travers l’Occident occupant des postes en Vienne et à Copenhague. Sa musique est reconnue par les hongrois et perceptible aux audiences internationales comme l’auteur de cet article a eu le privilège d’en témoigner lors de l’introduction de plusieurs de ses œuvres en Hongrie et à travers l’Europe et l’Amérique au cours de performance en direct et sur son enregistrement CD, Harpa Hungarica.
 
En conclusion, Farkas nous a légué son dévouement à l’excellence dans le travail, sa foi dans l’identité nationale, le respect, l’aide et l’appréciation des uns et des autres. Il serait de notre intérêt d’adopter l’exemple de Farkas quand nous enseignons, jouons ou composons.
 
Pour plus d’articles ayant rapport à la harpe et aux œuvres de Farkas, referez-vous s’il vous plaît à la revue World Harp Congress Review, Printemps 1991 par Erzsébet Gaál, et au numéro du Printemps 2001 par Florence Sitruk.

Bibliography of Works for Harp by Ferenc Farkas
Compiled by Erzsébet Gaál
  
Harp Solos:
 
Allegro impetuoso for harp 1991, Hungarian Harp Center, Budapest 1993
Dedicated to Nóra Mercz
 
Christmas Shepherd Dance for Harp 1938, Manuscript
Dedicated to Erzsébet Gaál
 
Four Preludes for Harp 1987, Bèrben, E. 3740 B., 1994
Dedicated to Erzsébet Gaál
 
Old Hungarian Melodies for Harp ca.1950, Ascolta, 1997
 
17th Century Hungarian Dances for Harp 1943
Rearranged by Liana Pasquali, Editio Musica Budapest, Z. 8627, 1979
 
Sonatina based on Hungarian Folk Songs from Moldau for Harp 1954, Manuscript
 
 
Concerto:
 
Concertino for Harp and Orchestra 1937
Dedicated to Mrs. Anna Molnár and the Budapest Municipal Orchestra
Revision 1956, Universal Edition, Vienna
Arrangement for String Orchestra 1994, Library of Ferenc Liszt Academy of Music, Budapest
 
 
Chamber Music:
 
“As You Like It”
Two Movements for Violin or Flute, Viola, or 2 Violins and Harp 1937, Manuscript
 
17th Century Hungarian Dances for Violin, Viola and Harp 1958, Manuscript
 
Eclogue-Burattinata
Two Pieces for Flute or Violin and Harp 1987, Manuscript
Dedicated to Heidi Molnar-Berner
 
Eclogue for Cello or Flute and Harp, Manuscript
 
Fantasy by Bálint Bakfark (1506/7- 1576)
arranged by Ferenc Farkas for 2 Harps or Harpsichord and Harp 1943, Manuscript
 
Introduzione for Flute, Viola and Harp, Manuscript
 
Petite Overture for Flute, Horn and Harp, Manuscript
 
Rumanian Folk Dances from the County of Bihar 1950, Editio Musica Budapest, Z.958, 1953
For Violin (or viola, flute, clarinet) and Piano or Harp
 
 
Voice and harp:
 
Come Away, Death for Voice and Harp 1954, Manuscript
From Twelfth Night by Shakespeare
 
Five French Troubadour Songs for Voice and Harp 1947, Manuscript
 
Sonnet VII de Louise Labé for Voice (or Voice, Flute) and Harp 1944, Manuscript
Dedicated to Boldizsár Keönch, Nóra Mercz, Tihamér Elek


Copyright © 2004, Harpa
Printed originally in the No. 24, June 21, 2004 issue of Harpa Internet Magazine. Used by permission.

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